Projet

Le PROJET BLOOM est né de la rencontre entre trois personnalités de la musique, du théâtre et des arts visuels et d’un collectif d’instrumentistes spécialistes de la musique de création.
Le PROJET BLOOM veut créer un environnement artistique pour endiguer ce qui semble inexorable : des concerts par et pour les initiés. Le concert n’est pas une fin en soi, mais une étape dans un processus plus large.
Le PROJET BLOOM veut réactiver la curiosité, l’expérimentation, dans le travail entre les artistes et avec les publics.
Le PROJET BLOOM est une entreprise collective d’excitation artistique.
Creuser des souterrains, construire des ponts, provoquer des collisions, le PROJET BLOOM veut réinventer les conditions de production et de réception des œuvres.[/quote]Après le temps des débats esthétiques et des écoles, le champ de la musique se retrouve isolé, à la pointe de la recherche et de la complexité, mais éloigné de son propos, de son existence dans la société et du questionnement qu’il pose sur son temps. La musique de création n’a pas été aidée dans cette tâche par les institutions publiques ou par la société de consommation. Ceci étant, il faut reconnaître la part de responsabilité des artistes lorsqu’on tente d’y poser un regard critique.

S’il faut, et c’est communément admis, continuer à œuvrer pour une plus grande reconnaissance sociale et politique, il est aussi nécessaire de réfléchir plus avant aux moyens à notre disposition pour replacer cet art dans un champ plus apte à le rendre sensible. Pour ce faire, l’exigence, qui doit rester au cœur de tout travail de production et de diffusion d’œuvres, doit rester le noyau de toute réflexion. L’exigence tout d’abord d’une musique qui aurait quelque chose à dire, qui créerait du sens ; la remarque est plus lourde de sens qu’elle n’y paraît tant la post-modernité a apporté avec elle son lot innombrable d’œuvres  qui ne sont, à y regarder de plus près, qu’une auto-satisfaction artisanale. Et celles-ci ne font que légitimer le positionnement élitiste et complexe de la musique contemporaine, tournant celle-ci vers la recherche et l’expérimentation brute. Nous pouvons faire ce constat sans même entrer dans les débats esthétiques sur les musiques qui revisitent avec ferveur les périodes post-romantiques ou «vieille France».

Du même coup, la formation instrumentale a subi les mêmes effets. Des générations d’instrumentistes ont fait leur carrière avec un savoir-faire conséquent dans le domaine de la musique contemporaine, cette dernière devenant de fait une période et un apprentissage à part entière. Impossible alors d’imaginer, pour les programmateurs comme pour le public, des événements qui relieraient sciemment et avec grâce les différentes périodes musicales. Cependant, les actuelles générations d’instrumentistes semblent plus à-même de faire des ponts entre les âges, ce qu’il faut absolument encourager ; c’est un des piliers du repositionnement de la musique dans ses champs artistique et social.

L’ultra spécialisation a aussi eu pour effet, sans que ce soit l’unique responsabilité du milieu de la musique de création, de couper les arts les uns des autres. Dans tous les autres domaines artistiques, la connaissance et l’usage de la musique contemporaine est proche du néant. Le jazz, l’improvisation ont réussi à tisser des liens là où la création musicale est restée cloitrée, aussi inculte et imperméable aux autres arts qu’ils ne le sont d’elle. Seul un environnement permettant le rapprochement, l’échange, la proposition entre les arts est susceptible, à long terme, de pallier cette inculture.

Le projet Bloom a pour visée de créer un environnement :

  • Permettre la rencontre entre les arts, par le biais des artistes comme des publics. Il faut se faire entendre hors des sentiers battus de la création musicale, et faciliter la rencontre d’artistes, faisant ainsi éclore de nouvelles propositions intra-disciplinaires.
  • Transmettre non pas l’idée que la musique contemporaine est un monde à part, mais un champ artistique poreux, ouvert et sensible aux autres arts (arts plastiques, vidéo, théâtre, poésie, danse…).
  • Apporter aux instrumentistes du projet l’ouverture nécessaire, mais aussi la formation à des nouvelles investigations artistiques, avec la même exigence professionnelle qu’on leur connaît dans le domaine strictement musical.
  • Par le croisement entre les œuvres de champs artistiques différents, inventer des hors-champs, des correspondances afin de révéler les œuvres autrement.

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